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MUGABARABONA se met à table : Montage infernal d’un présumé putsch
MUGABARABONA se met à table : Montage infernal d’un présumé putsch (ARIB.INFO 25/08/2006)
Rebondissement dans le feuilleton montage du putsch : les dernières révélations d’Alain MUGABARABONA montrent le montage minutieux de la tentative présumée du coup d’Etat. Aujourd’*** sous les verrous à Mpimba, Alain MUGABARABONA a avoué sur les ondes de la Radio publique africaine (RPA, privée) qu’il a été forcé par les services de renseignement de cautionner le montage, sinon il perdrait sa vie et celle des siens.
La nuit du 31 juillet 2006 n’aura pas été aussi facile pour Alain MUGABARABONA. Dans une cellule de la documentation nationale Alain MUGABARABONA est menacé d’être un collaborateur du Palipehutu-FNL, de plus on lui donne une solution de rechange : MUGABARABONA tu dois collaboré sinon à 2 H du matin tu perd ta vie.
Dans un extrait que nous vous proposons ici, Alain MUGABARABONA cite même les noms des escadrons de la mort de cette nuit là.
Alain MUGABARABONA : « Je n’ai pas su exactement pourquoi il disait tel ou tel autre, mais il m’a dit que je dois accepter d’être leur pont et comme ça je vais sauver ma femme, ma famille et moi-même. Ils ont monté pièce sur pièce tout ce qui a été dis dans la Documentation nationale et ils me forçaient à dire tout ça, avec aussi des menaces, des menaces de me tuer parce que j’avais été informé lorsqu’on m’a amené à la documentation nationale, le 31 juillet, j’étais informé par quelqu’un qui est un de mes amis, il m’a dis que ils ont prévu de m’exécuter à 2H du matin si je n’accepte pas de collaborer avec eux pour justement incriminer les personnalités comme NDAYIZEYE, comme KADEGE, comme Déo NIYONZIMA, comme RUFYIKIRI, comme Isaï, Pancrace, Damien NDAYISIGARANYE, NIYUNGEKO Vincent, général NIYOYUNGURUZA. C’était vraiment une liste qui était préétablie et qui était aussi dans les mains d’un certain Willy NYAMITWE, il avait cette liste. Alors ils ont refusé que je prenne quoi que ce soit, alors j’étais sous la faim pendant trois jours, ils onts refusé qu’on me donne de l’eau, ils ont refusé qu’on m’amène un petit matelas pour dormir, donc je suis passé pratiquement trois jours sans rien manger, mais aussi cinq jours en dormant juste sur le ciment sans rien. Alors en me forçant de dire tout ça, ils continuaient toujours à me harceler, en m’appelant quelques fois à 1H du matin, à minuit, pour me rappeler que je dois dire demain ceci ou cela, que je dois incriminer tel ou tel autre, que je dois donc rester sur ce que j’ai commencé à dire le premier jour ».
Le cinquième jour Alain MUGABARABONA reçoit un ballet de ministres avec différentes sollicitudes. D’abord la ministre Françoise NGENDAHAYO qui demande aux agents de renseignement de ne plus torturer les détenus. Ensuite le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique qui lui demande d’inclure d’autres noms dans la liste que lui avait proposée les services de renseignement. Enfin le Chef de cabinet à la Documentation nationale qui lui demande de citer le nom d’Alice NZOMUKUNDA comme membre des instigateurs du coup d’Etat.
Alain MUGABARABONA : « Et j’ai vu une succession des autorités comme le ministre de l’Intérieur, qui lui est venu avec d’autres noms qui devaient être inclus justement dans la liste de ceux qui devaient être arrêtés. Il me parlait d’un colonel qui s’appelle Prime NIYONGABO, qui serait le commandant de la deuxième région militaire. Il me parlait aussi d’un colonel qui était commandant de la quatrième région militaire, qui aujourd’*** il m’a dit qu’il se trouve à la logistique à l’Etat major générale de la FDN. Plus tard j’ai été appelé par le chef de cabinet du général Adolphe qui lui, en souriant, m’a supplié d’essayer d’insérer le nom de la vice-président Alice NZOMUKUNDA dans une ou deux réunions dans laquelle elle aurait participé avec moi, avec NDAYIZEYE et les autres ».
Les services de renseignement ne cessaient d’allonger la liste. Pour mieux réussir le coup, il fallait inclure quelques hommes de la société civile et des médias. C’est ainsi que l’on demande à MUGABARABONA de mentionner des noms des journalistes tel Pancrace CIMPAYE et Alexis SINDUHIJE, qui ne devraient même pas arriver à la Documentation nationale la vie sauve.
Alain MUGABARABONA : « Le seul journaliste qui a été cité c’est SINDUHIJE Alexis, on le citait avec Pancrace CIMPAYE. Et on disait que s’ils parviennent à avoir Alexis SINDUHIJE et Pancrace CIMPAYE, eux ils ne pourront même pas arriver à la Documentation, ils vont disparaître au niveau du pont Ntahangwa ».
Alain MUGABARABONA ne va pas par quatre chemins pour dévoiler que le discours du président était fondé sur de faux élément. Il donne d’ailleurs ici sa tête à couper.
[Question] : « Vous pouvez affirmer que le président de la République a adressé un message sur base de fausses informations de montage d’un coup d’Etat ? ».
Alain MUGABARABONA : « Ça, au prix de ma tête, je le jure, tout ce qui a été déclaré est déclaré sur le fond des mensonges ».
Alain MUGABARABONA donne ses révélations au moment où il craint pour sa vie et au moment où un plan de son élimination est en cours d’élaboration.
Et le feuilleton coup d’Etat supposé continue : Mathieu BIZIMANA et Jean NSHIMIRIMANA, deux pions à la solde du CNDD-FDD dévoilent aux journalistes l’existence d’un document en préparation à la présidence de la République, qui prouverait que des hommes de l’opposition à la tête desquels Léonard NYANGOMA et certains journalistes des radios privées se sont régulièrement réunis pour discuter du renversement des institutions. Ce nouveau montage de preuves de falsification confirme le vrai montage du coup d’Etat que révèle Alain MUGABARABONA depuis ses geôles.
Le cerveau du montage de falsification est le locataire du bureau N°53 à la présidence de la République, en la personne de Willy NYAMITWE. C’est son bureau qui lui sert de laboratoire pour confectionner un document d’environ 7 pages, qui serait déjà réduit à 5 pages. Selon Mathieu BIZIMANA et Jean NSHIMIRIMANA ce document à pour objectif de convaincre les diplomates de l’existence d’un plan de renversement du pouvoir, avec la mention spéciale que des hommes de l’opposition et certains journalistes se sont rencontrés régulièrement pour discuter de ce renversement.
Selon ces mêmes pions, l’élimination des adversaires politiques du CNDD-FDD et certains membres de la société civile rendraient confortable la gestion sans gêne du pouvoir actuel. Ces mêmes sources révèlent l’existence de deux autres laboratoires : d’abord au domicile de Hussein RADJABU, ensuite à la permanence du CNDD-FDD.
Au moment où les deux hommes le confirmaient aux journalistes, ils étaient en communication constante avec Willy NYAMITWE, conseiller principal du président de la République.
Pour votre information, sachez que ce Mathieu BIZIMANA est un ancien du CNDD-NYANGOMA, affecté à la permanence de ce parti. Selon le porte-parole de ce parti François BIZIMANA, contacté à propos, cet homme est connu pour son sens élevé d’escroquerie et de malhonnêteté.
Toutes ces informations sont diffusées au moment où le Conseil national de la communication vient d’adresser une correspondance à notre radio pour demander de donner des preuves des informations lancées sur nos ondes depuis hier soir, des informations qui évoquent un plan d’assassinat d’Alain MUGABARABONA.
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